Variable ou fixe, à quel taux emprunter ?

Lorsque les taux sont bas, comme c’est le cas actuellement, la raison conduit souvent les ménages à privilégier la sûreté au moment de négocier les conditions de leur crédit immobilier.

Taux fixe ou variable ? C’est l’équation que les banquiers posent irrémédiablement sur la table des négociations avant d’accorder un prêt. Chacune des deux formules présente son lot d’avantages et sa part d’inconvénients, mais c’est la première, réputée plus sûre, qui est plébiscitée par les ménages français : dans un peu plus de neuf cas sur dix en effet, ils préfèrent souscrire un crédit remboursable sur la base d’un taux fixe. Si cette solution plaît tant aux emprunteurs, c’est qu’elle leur donne une visibilité de long terme et les préserve des éventuels soubresauts des marchés financiers.

Quel risque ?

Le taux fixe, défini une fois pour toute, permet au débiteur de s’endetter en connaissance de cause : dès le départ, son créancier évalue le coût total du crédit immobilier et lui en communique le montant. Cette somme n’évoluera pas pendant toute la durée de remboursement (10, 15,20, 25 ou 30 ans), sauf si l’emprunteur saisit, à la faveur d’un retournement de conjoncture, l’opportunité de renégocier son crédit à la baisse et d’alléger ses mensualités : d’après le dernier pointage effectué par la Banque de France, la part des renégociations et du rachat de crédit représente encore près du tiers des nouveaux financements débloqués par les banques.

Tendance qui devrait se poursuivre dans les prochains mois en raison du niveau très avantageux auquel se maintiennent les taux d’intérêts, malgré leur remontée légère depuis la fin de l’année 2016.

Si, par définition, le prêt à taux révisable ne garantit pas la même stabilité, il a l’avantage d’offrir un tarif de départ plus intéressant que le taux fixe. De fait, l’économie réalisée par l’emprunteur n’est pas négligeable, du moins dans un premier temps. L’attractivité du crédit se mesure ensuite au fil de l’eau et à court terme en fonction de l’évolution, à la hausse ou à la baisse, des indices financiers sur lesquels il est indexé. Son risque repose donc sur son extrême volatilité.

Le prêt « capé »

C’est le cours de l’Euribor (Euro Interbank Offered Rate) qui sert le plus souvent de variable d’ajustement aux prêts révisables : cette valeur représente le taux d’intérêt moyen à trois mois ou un an des prêts interbancaires de la zone euro. Toutefois, pour sécuriser l’emprunteur face aux aléas des marchés, les banques ont créé un dispositif hybride entre le fixe et le révisable. On parle alors de prêt « capé », un système qui prévoit un plafonnement des intérêts à l’intérieur d’une marge de variation déterminée à l’avance (par exemple, 1 ou 2 points maximum de plus que le taux initial).

Ce type de prêt à risque peut se révéler performant lorsque que le coût du crédit est cher et qu’il a, par effet de balancier, une probabilité raisonnable de baisser. Pour ses souscripteurs, la règle d’or tient donc en un mot : anticiper.