La période estivale a été calme sur le front des taux immobiliers qui gardent leur attractivité auprès des ménages. Cette tendance favorable devrait se maintenir au moins jusqu’à la fin de l’année.

Les taux de crédit immobilier ont très peu évolué entre juin et août : ce schéma, assez inhabituel en été, préfigure un deuxième semestre sans gros bouleversement, au moins pour deux raisons. Premièrement, l’OAT 10 ans, principal indice auquel les banques se réfèrent pour fixer leurs tarifs, oscille entre 0,8 et 0,9% depuis le mois de juillet, un niveau toujours bas et à peu près équivalent à ce qu’il était en novembre dernier avant que le cours n’amorce sa nette remontée hivernale.

Un oeil sur l’inflation

Deuxièmement, la banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu ses taux directeurs à leur point bas historique en juillet dernier, ne semble pas prête à changer de stratégie : le président italien de l’Institution Mario Draghi compte notamment poursuivre son programme d’assouplissement quantitatif ( « Quantitative Easing ») dont les modalités se traduisent, chaque mois, par le rachat de 60 milliards d’euros titres de dettes publique et privée sur le marché secondaire. Avec cet afflux d’agent, la BCE cherche à provoquer une accélération de l’inflation jusqu’à 2% afin de soutenir la croissance de la zone euro. Or, tant qu’elle dure, cette politique monétaire ultra-accommodante soulage les banques et les encourage à prêter aux ménages et aux entreprises. Le 20 juillet dernier, le conseil des gouverneurs, « unanime », s’est refusé à « fixer une date précise sur le moment où il faudra discuter des changements dans le futur » a précisé Mario Draghi, précisant toutefois qu’à l’automne viendra le temps des échanges sur la question de savoir si le plan, déjà prolongé de neuf mois en mars 2017, devra être stoppé ou reconduit au-delà du 31 décembre prochain.

Emprunter ou renégocier son crédit

« Nous devons être tenaces, patients et prudents parce que nous n’y sommes pas encore » avait déclaré, prudent, le président de la BCE, « car l’inflation n’est pas encore où nous voulons qu’elle soit et devrait être ». Dans la zone euro, la courbe des prix avait ralenti entre mai et juin derniers de 1,4% à 1,3%, un rythme encore très inférieur à l’objectif initial que s’est fixé Francfort.

Sur le terrain, la conjonction de l’ensemble de ces éléments techniques conduisent à penser qu’aucune hausse des taux crédits n’est à craindre dans les prochains mois et que les banques, soucieuses de capter toujours plus de clients au moyen du crédit immobilier, continueront à alimenter un marché très dynamique. C’est donc toujours le moment d’emprunter ou de renégocier son taux à la baisse.