Les pointages effectués en janvier par l’Observatoire du Crédit Logement CSA tracent certaines des perspectives à venir pour les emprunteurs : les taux se stabilisent à un niveau très bas, mais le montant de l’apport personnel réclamé aux candidats rebondit assez nettement. Décryptage.

Un double mouvement semble se dessiner, en ce début d’année, sur le marché du crédit à l’habitat : la partie visible représentée par les taux d’intérêts, marque une « pause » d’autant plus profitable aux ménages acquéreurs qu’elle s’inscrit dans la continuité  des records en série qui ont rythmé à la baisse le second semestre 2019. A preuve : le tarif moyen, mesuré par l’Observatoire du Crédit Logement CSA, s’établissait en janvier dernier à 1,13%, la même valeur qu’en décembre (toutes durées d’emprunts confondues).  A partir de cette donnée globale, l’étude évalue à trois-quarts la proportion des ménages qui, sur des contrats conclus sur quinze ans, bénéficient « toujours de prêts inférieurs à 1% ».

Hausse de l’apport personnel moyen

L’autre tendance,  perceptible en coulisse de la négociation bancaire, porte sur les conditions d’accès au crédit immobilier. Or, des changements, suffisamment sensibles pour apparaître durables, semblent traduire dans la plupart des établissements une évolution stratégique que l’Observatoire impute à un phénomène d’ajustements opéré suite aux récentes préconisations du Haut Conseil de stabilité financière (HSCF)*. Amorcées fin 2019, ces nouvelles mesures « se sont poursuivies en janvier » avec deux conséquences à la clé : un recul de la part des demandeurs les plus faiblement dotés en apport personnel (les jeunes et/ou les ménages à revenus modestes) et un raccourcissement de la durée du crédit (-5 mois par rapport à décembre 2019, à 227 mois en moyenne, soit 18,9 ans).

Illustration concrète de ces nouveaux arbitrages bancaires : le montant (moyen) des fonds propres réclamé à la clientèle a fortement progressé en janvier 2020 (+9,1% en glissement annuel, alors que son niveau s’était affiché en repli de -5,5% sur l’ensemble de l’exercice 2019). Bien que compensée par des taux toujours aussi attractifs qui habilitent les emprunteurs à solliciter une renégociation de leur prêt immobilier, ces conditions plus strictes imposées aux primo-candidats justifient, plus que jamais, le recours à un courtier en crédit : l’argumentaire déployé par ces intermédiaires professionnels est souvent décisif auprès des financeurs, y compris pour appuyer les profils moins solides.

*Cette autorité présidée par le ministre de l’Economie avait émis en décembre 2019 plusieurs recommandations pour éviter que le marché du crédit ne s’emballe et ne provoque un surendettement des ménages : parmi les mesures –non contraignantes – proposées par le HSCF, figuraient notamment « le respect du taux d’effort de 33% (soit la part de revenus maximale qu’un emprunteur est susceptible de consacrer au remboursement d’un prêt) et le plafonnement de la durée des crédits à 25 ans ».