Près de six crédits sur dix sont renégociés

Sous l’effet des taux historiquement bas, la tendance aux rachats et aux renégociations d’emprunt n’a cessé de s’amplifier depuis l’été dernier.

Sans surprise, les banques ont accordé davantage de crédits immobiliers aux ménages en 2016: sur les onze premiers mois de l’année (janvier-novembre), cette « dette » a déjà atteint en volume 217 milliards d’euros, indique le dernier bilan de France, soit 14 milliards de plus par rapport à l’ensemble de l’exercice 2015.

Dans un contexte marqué par une baisse continue des taux de remboursement à long terme (1,56% en novembre 2016, après 1,60% en octobre selon la BdF), les ménages ont saisi l’occasion d’investir à bon compte dans la pierre, en limitant l’impact sur leur trésorerie : d’après une étude du Crédit Foncier, deux français sur trois estiment que l’immobilier reste une valeur refuge en raison des conditions actuelles de financement, très avantageuses en dépit d’une légère remontée des taux depuis fin 2016.

L’immobilier, un placement rentable

Surtout, cet actif se révèle comme l’un des plus rentables avec un rendement locatif estimé à 6% brut, bien supérieur aux niveaux de rémunérations offerts par l’épargne traditionnelle que sont l’assurance-vie en euros (2%) le Plan d’Epargne Logement (1%) ou, pire encore, le Livret A (0,75%).

Dans le flux de nouveaux emprunts consentis l’an dernier, une majorité a été le fruit d’ajustements ou fait suite à un rachat de crédit contracté à une époque où la conjoncture était moins favorable pour les acquéreurs de logements. Renégocier un prêt immobilier a donc été, l’an dernier, la préoccupation prioritaire de nombreux ménages soucieux d’alléger leurs charges pour accroître leur pouvoir d’achat.

Hausse légère des taux immobiliers

Selon la Banque de France, 59% des nouveaux financements accordés en novembre 2016 par les établissements financiers étaient des produits renégociés, une tendance qui ne cesse de s’amplifier depuis l’été (51,6% en septembre, 54% en octobre).

Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Pour mémoire : la hausse des taux enclenchée au mois de novembre s’était, conformément aux prévisions d’alors, confirmée au cours du mois suivant. Toutes les études s’accordent à dire que ce mouvement va se poursuivre en 2017, mais à un rythme si modéré qu’il ne remettra pas en cause le dynamisme du marché ni l’environnement général qui devrait rester très propice à l’achat de biens immobiliers.