Près de la moitié des nouveaux crédits sont des produits renégociés

Avec la baisse continue des taux dans l’immobilier, la renégociation des crédits a le vent en poupe. Impulsée par la politique monétaire plus accommodante engagée en zone euro depuis 2011, cette tendance s’est confirmée en octobre 2016.

Rarement le contexte  de l’immobilier a été si favorable pour les candidats à l’achat. En septembre 2016, le taux d’intérêts moyen, en repli de -0,10 point, s’établissait à 1,41%. Un record à la baisse qui s’inscrit dans une tendance lourde amorcée en 2011, date à laquelle le nouveau gouverneur de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi a lâché la bonde au crédit en desserrant les taux directeurs. Sur le terrain, ces assouplissements ont contribué à détendre le marché de l’immobilier et compensé, du même coup, l’amorce encore légère d’un redémarrage des prix dans le secteur (+2,3% sur un an à Paris et +0,6% à l’échelle nationale d’après les Notaires de France).

Renégocier son crédit immobilier

Le coefficient de remboursement de l’emprunt immobilier qui s’élevait à 4% il y a cinq ans est passé à 1,41% aujourd’hui, avec une moyenne à 1,75% lorsque l’échéance est à vingt ans. Dans son pointage mensuel, la Banque de France mesure, pour le mois de juillet 2016, un « taux fixe à 1,78% en moyenne sur le long terme (après 1,85% en juin) et à 1,60% pour les crédits de court terme et à taux variable (après 1,86%) ».

Dans ce contexte très favorable, le volume annuel des crédits à l’habitat accordés aux particuliers a, selon la même étude, bondi de +3,3% en juillet dernier, avec un encours total brut estimé à 886 milliards d’euros.  44% des nouveaux prêts recensés au cours de cette période étaient en fait des renégociations de contrats antérieurs, un niveau encore très élevé bien qu’inférieur à celui d’août 2015 (58%). L’ensemble des crédits souscrits au mois de juillet 2016 (renégociations comprises) portait sur une somme totale de 21,1 milliards d’euros, soit 7 milliards de plus qu’en mars dernier.

Les avantages de la Loi Pinel

La Banque de France observe également une hausse des investissements locatifs encouragés par la Loi Pinel qui offre, depuis 2014, trois possibilités de défiscalisation aux propriétaires : la réduction d’impôt atteint 12% du montant de l’acquisition du logement s’il est loué pendant six ans. L’avantage grimpe ensuite avec la durée des baux, jusqu’à 18% s’ils s’étendent sur une période de 9 ans et 21% lorsque le bien est mis à disposition pendant 12 ans minimum. Contrairement à la précédente législation, le nouveau dispositif autorise désormais la location familiale à condition que l’ascendant ou le descendant concerné ne dépende plus du foyer fiscal du bailleur.
« 12% des crédits nouveaux à l’habitat ont pour motif un investissement locatif contre moins de 10% il y a un an » souligne la Banque de France.