Le marché des courtiers en crédit immobilier accélère encore

Ces experts de la négociation bancaire séduisent deux fois plus d’emprunteurs qu’il y a dix ans. Comment s’explique un tel phénomène ?

D’après un premier bilan annuel dressé par le Crédit Foncier, le volume de nouveaux crédits à l’habitat accordés aux ménages en 2018 a atteint, en valeur, quelque 165 milliards d’euros au niveau national. Bien qu’en légère baisse par rapport à l’année précédente (–6%), ce chiffre, qui n’englobe pas les parts de marché issues du rachat et de la renégociation de prêt immobilier, illustre la bonne tenue du secteur du logement, dopé par des taux bas et la quasi-généralisation d’offres incitatives en direction des primo-accédants, même modestes, afin de compenser à leur avantage la hausse des prix observée dans certaines grosses villes : cette politique bancaire s’est traduite par des exigences assouplies en matière d’apport personnel (-7% en 2018, pour se situer à environ 16% du montant de l’acquisition aujourd’hui, contre 20% en 2008), complété par un allongement significatif de la durée des contrats (+8 mois sur l’année écoulée).

40% des contrats de prêt

Dans ce contexte porteur, les courtiers en crédit immobilier, intermédiaires certifiés entre l’offre et la demande de prêts, jouent un rôle central et démultiplicateur : leur position stratégique sur le marché immobilier et leur influence accrue dans l’accès des ménages à l’emprunt se reflètent dans le dernier recensement opéré par l’Orias*, l’organisme officiel qui répertorie ces professionnels sur son registre réglementaire : fin 2018, il en comptabilisait 6 669, un nombre en hausse de + 5,6 % par rapport à 2017, et de + 28,7 % en trois ans. Mieux, toujours d’après l’association, ces professionnels interviendraient aujourd’hui dans 40 % des dossiers de prêts négociés par des particuliers auprès des banques, soit deux fois plus qu’à la fin des années 2000.

Les raisons de cet engouement s’expliquent par la notoriété croissante dont bénéficient les courtiers à la faveur de la plus grande transparence qui entoure leurs pratiques depuis la réglementation du secteur en 2013 : tous sont désormais tenus de présenter les qualifications requises avant d’être homologués par l’Orias et de pouvoir évoluer sous un statut fixé juridiquement (article L.519-6 du Code monétaire et financier), celui d’intermédiaire en opérations de banque et en service de paiement (IOBSP).

Négocier le meilleur taux possible

Un récent sondage réalisé par l’Ifop révélait l’ampleur du chemin parcouru : 85% des français y affirment avoir déjà entendu parler des courtiers en crédit immobilier et, parmi ce groupe ultra-majoritaire, plus de la moitié (55%) prétend connaître précisément la nature de leurs missions.
88% de ce public explique ainsi vouloir recourir à ces experts pour gagner du temps, 87% pour bénéficier d’un accompagnement et de conseils avisés dans leur parcours d’acquisition immobilière, et 71% pour réaliser des économies grâce à la négociation d’un taux d’intérêt plus faible.

*Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance