Immobilier : pourquoi les prêts transférables se raréfient ?

Dans le contexte actuel de taux très compétitifs, les banques, craignant pour leurs marges, tendent à retirer de leurs offres les options qu’elles jugent trop avantageuses.

Doucement mais sûrement, les taux continuent à reculer cet été, comme l’atteste le dernier baromètre réalisé par Prêt Partners. Dans cette grille de performance, figurent les valeurs les plus attractives négociées en juin par le courtier en prêt immobilier sur ses principales zones d’intervention de Maine-et-Loire et Loire-Atlantique : Nantes, Saint-Nazaire, Savenay, Cholet, Saumur, Angers.

Les taux immobiliers au plus bas

De ces différents pointages, il ressort qu’un prêt échelonné sur 20 ans donne lieu (dans le meilleur des cas) à un paiement d’intérêts d’1,15%, un indice inférieur à celui qui figurait dans le baromètre diffusé en septembre 2016 par le même réseau (1,34%), époque encore récente où les taux avaient déjà atteint leur point bas historique. Les tendances minimales établies par Prêt Partners confirment les moyennes relevées au niveau national (1,65% sur vingt ans, 1,40% sur quinze et 1,85% sur vingt-cinq, selon Guide du Crédit) et démontrent que le marché de l’habitat reste très favorable aux candidats à la primo-accession, malgré la hausse des prix immobiliers dans les grandes villes et la réduction du périmètre d’éligibilité aux prêts aidés.

Si la forte concurrence à laquelle se livrent les banques françaises joue encore en faveur des emprunteurs, certaines formules de prêts, jugées trop avantageuses par les établissements soucieux de maintenir leurs marges, tendent toutefois à disparaître.

Les avantages du prêt transférable

C’est le cas du mécanisme de transférabilité, une option qui permet à un particulier de conserver les conditions de financement négociées lors d’un premier achat immobilier pour se lancer, après la revente de ce bien, dans un second projet du même type. Bénéfique à –presque- tous les coups pour les particuliers lorsqu’elle est pratiquée opportunément, une telle opération peut, au contraire, se révéler coûteuse et risquée pour les banques dès l’instant où s’annonce un changement de cycle dont elles pensent qu’il va inévitablement se traduire par une remontée des taux.

Aussi de plus en plus d’établissement tendent-ils à durcir les conditions d’accès à cette option, voire à la supprimer purement et simplement de leurs catalogues de produits. Ce que confirmait récemment l’analyse d’un professionnel du secteur: « il est difficilement tenable de s’engager à maintenir un coût de crédit très avantageux sur une future acquisition qui interviendra dans 7 à 10 ans », soit la durée moyenne réelle d’un financement immobilier en France (beaucoup de ces prêts sont en effet soldés avant leur terme suite à revente ou un héritage).
Evidemment, l’offre subsiste pour les ménages qui l’ont déjà souscrite, à certaines conditions, variables d’un établissement à l’autre.