Années après années, les courtiers en crédit immobilier gagnent des parts de marché. La tendance devrait même s’amplifier dans un proche avenir. Pourquoi ?

Un peu plus d’un ménage sur trois choisit aujourd’hui de recourir à un courtier pour négocier sa demande de prêt immobilier. Une démarche qui entre tout doucement dans les mœurs des français toujours plus méfiants à l’égard de leur banquier et peu confiants dans leur capacité à obtenir de lui la meilleure offre.

Le courtage, une activité réglementée

D’après l’Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic), jusqu’à 40% emprunts immobiliers conclus en 2015 avait préalablement été négociés par des courtiers, tendance qui s’est confirmée l’année suivante dans un contexte de baisse record des taux d’intérêts propice à des renégociations de prêt. En une décennie, les parts de marché détenues par les courtiers a plus que doublé et ce rythme devrait encore accélérer dans les prochaines années. A terme, le président de l’Apic Philippe Taboret, anticipe un taux de pénétration qui pourrait atteindre jusqu’à 50% de la production des crédits à l’habitat, comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni où la profession a été dotée d’une réglementation très stricte dès 2004.

La France lui a emboîté le pas dix ans plus tard en mettant en place une cadre juridique visant à renforcer la protection de l’emprunteur : le courtier en crédit exerce sous le statut d’intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP) défini par l’article R. 519-4 du Code Monétaire et Financier. A ce titre, il doit obligatoirement exciper d’une attestation de compétence professionnelle qui donne lieu à une immatriculation auprès de l’Orias (Organisme pour le Registre Unique des Intermédiaire en Assurance, Banque et Finance).

L’emprunteur est protégé

Or plusieurs études conduites ces dernières années dans les Etats Européens, à l’instar de celle qu’avait réalisée en 2012 le cabinet de conseil en affaires publiques Acturus Group, démontre que l’essor du courtage en crédit immobilier va de pair avec le niveau de réglementation de l’activité : « plus les consommateurs se sentent en confiance, meilleurs sont les scores des courtiers » observait l’Apic. Un constat qui s’est vérifié par la suite en France, et même renforcé entre 2015 et 2017 lorsque la baisse continue des taux de remboursement a rendu le rachat de crédit intéressant.

Un sondage publié fin 2015 par Opinion Way pour le compte de Vousfinancer.com indiquait par ailleurs que l’immense majorité des ménages emprunteurs (59%) font appel à un courtier pour obtenir les conditions de financement les plus avantageuses. 27 % ont recours à cette prestation pour gagner du temps.