En avril, au plus fort du confinement, la moitié de la production bancaire a porté sur des crédits existants renégociés à la baisse à la demande des emprunteurs qui souhaitaient opportunément réduire leurs charges.

Le phénomène n’avait pas atteint une telle ampleur depuis avril 2017 : beaucoup de ménages français ont profité de la période du confinement pour renégocier leur prêt immobilier. Les chiffres récemment livrés par la Banque de France révèlent un véritable bond de ce type d’opération qui, dès avril, a concerné près de la moitié des fonds « débloqués » par les établissements (47,1%), soit 9,6 milliards d’euros. En mai, la part des renégociations (6,8 milliards) dans le niveau de production de nouveaux crédits a rejoint des montants plus conformes aux tendances observées au cours des quatre mois qui ont précédé le déclenchement de la crise sanitaire (6,1 M€ en décembre 2019, 6,8 M€ en janvier 2020, 7,5 M€ en février et 5,5 M€ en mars dernier).

Quel taux immobilier moyen en juillet ?

Ce pic printanier survenu en pleine vague épidémique s’explique à plusieurs niveaux : il coïncide d’abord avec la longue période de blocage de l’activité économique qui s’est traduit, de façon mécanique, par un fort ralentissement du marché bancaire (seuls 10 milliards d’euros de nouveaux crédits à l’habitat -hors renégociation – ont été accordés en avril, un point bas inédit depuis l’été 2017). Les organismes prêteurs, qui disposaient alors de marge de manœuvres trop étroites pour répondre aux besoins de financement sollicités par des candidats potentiels à l’acquisition d’un bien, ont privilégié l’examen de dossiers moins risqués portant sur des demandes de renégociation d’un prêt immobilier déjà en cours de remboursement (les chiffres de la Banque de France englobe aussi les opérations de rachat de crédit, dont certaines avaient été laissées en suspens en 2019).

Ensuite, et c’est bien normal, les emprunteurs concernés ont vu dans cette solution un moyen d’obtenir un meilleur taux pour diminuer le poids de leur endettement, alors même que la conjoncture augmentait le risque social (entre 8 et 10 millions de salariés ont traversé une période de chômage partiel entre avril et mai derniers).

Certes, il n’y a pas de règle commune mais beaucoup de professionnels en courtage de prêt immobilier s’accordent à dire que, pour être véritablement intéressante, une renégociation doit porter sur un crédit dont le tarif souscrit à l’origine dépasse le taux moyen du moment* de 0,7 point minimum, voire d’1 point. La procédure est plus rentable également lorsque le capital restant à rembourser est important (plus de de 70 000 euros).

*[1,29% en juin 2020, et 1,26% à mi-juillet, selon l’Observatoire Crédit Logement CSA]