La baisse des taux d’intérêt fait mécaniquement augmenter la part consacrée à l’assurance emprunteur dans le budget des ménages acquéreurs. Explication.

C’est le revers de la médaille : les taux de crédit continuent à reculer mais le montant des cotisations versées au titre de la garantie contre les risques de non-remboursement se maintient à des niveaux élevés. Ce constat, dressé par de nombreux professionnels du secteur, remet-il en cause l’efficacité de la réforme introduite il y a deux ans par l’amendement Bourquin dont l’objectif visait justement à encourager la concurrence sur le marché très juteux de l’assurance de prêt (9 milliards d’euros) afin d’en faire baisser les prix ?

En juin dernier, le sénateur du Doubs à l’origine de ces nouvelles règles qui permettent désormais aux emprunteurs de changer de contrat -sans pénalités – à chaque date d’anniversaire de sa signature (soit tous les douze mois), déplorait un « maintien des positions acquises » au profit de certains établissements prêteurs dans l’attribution des produits d’assurance à leur clientèle.
Un statu quo défavorable au renouvellement de l’offre et perçu comme un « frein » par ceux qui comptaient sur l’assouplissement des modalités de rupture pour permettre aux consommateurs de peser davantage dans le processus de négociation bancaire et de bénéficier, à l’arrivée, de tarifs d’assurance plus compétitifs par l’effet mécanique de la « libre-concurrence ».

Au cours de la même conférence de presse, un courtier en crédit immobilier avait confirmé les dires de l’élu Martial Bourquin et indiqué qu’aujourd’hui, 80% des ménages emprunteurs français « disposent encore d’une assurance groupe souscrite auprès de la banque » qui leur a accordé leur financement. Une couverture très souvent imposée, sans solution alternative, en contrepartie du prêt à l’habitat auquel elle est adossée dans le cadre d’une offre globale.

L’assurance, près d’un tiers du coût de l’emprunt immobilier

Au moment où les taux d’intérêt atteignent un « point bas » (1,18% en septembre 2019 selon l’Observatoire du Crédit Logement/CSA), le prix de l’assurance de l’assurance emprunteur tend, lui, à se stabiliser à des niveaux plus élevés et, de fait, à occuper une part plus importante qu’auparavant dans le budget des candidats à l’acquisition d’un logement. D’autant plus que, depuis janvier 2019, la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) s’applique sur la garantie-décès, auparavant exonérée.

Au final, d’après Martial Bourquin, le coût de l’ensemble des garanties souscrites représenterait « encore plus de 25% en moyenne du coût total de l’emprunt ». Une proportion qui varie à la hausse ou à la baisse selon que le candidat opte pour l’offre collective proposée par sa banque, ou choisit de s’adresser à une compagnie extérieure (délégation d’assurance).
Entre les deux solutions, le différentiel des dépenses engagées peut être important, comme semble le démontrer l’évaluation réalisée l’été dernier par le comparateur d’assurance Magnolia.fr. L’outil établit plusieurs tendances à partir d’un scénario qui prend l’exemple d’un couple emprunteur de 40 ans, bien inséré sur le plan professionnel, et qui conclut un crédit de 250 000 euros pour l’achat d’une résidence principale. L’étude, résumée dans la tableau ci-dessous, met en parallèle deux périodes, le mois de juillet 2016 et juillet 2019, trois ans au cours desquels les taux d’intérêts ont sensiblement diminué.