Selon une récente étude des Notaires de France, les ménages achètent leur premier logement à l’âge moyen de 32 ans, soit un gain de 4 à 6 ans par rapport à 2015, époque où les taux d’intérêts immobiliers étaient, il est vrai, moins compétitifs qu’aujourd’hui. Faut-il établir un lien entre ce rajeunissement des primo-accédants et les conditions particulièrement favorables d’accès au crédit ?

Les raisons qui conduisent les français à se lancer dans un achat immobilier sont multiples et résultent tout autant du contexte économique quand celui-ci semble offrir des opportunités intéressantes (coût du crédit, prix du logement) que de considérations plus personnelles, voire psychologiques, souvent indissociables du projet familial et professionnel (déménagement, mariage, volonté d’évoluer et d’investir dans un placement pérenne, besoin de sécurité, sentiment d’indépendance et de réussite sociale) : la diversité de ces motivations transparaît dans une étude réalisée l’été dernier par Harris Interactive pour les Notaires de France auprès d’un échantillon représentatif de 1 505 personnes. Les résultats obtenus s’inscrivent, il est vrai, dans une conjoncture exceptionnelle, marquée par des taux d’intérêts historiquement bas qui nourrissent l’ambition des ménages à devenir propriétaires, quitte à s’endetter pour longtemps, et ce quelles que soit leur catégories sociale.

Cet engouement pour l’immobilier, favorisé certes par la dynamique du crédit, se reflète dans un chiffre, ou plutôt un âge : les français attendent aujourd’hui 32 ans en moyenne pour acheter leur premier logement, indique Harris Interactive. En 2015, cet indicateur était plus élevé (entre 36 et 38 ans). Il est vrai qu’entre temps, le coût de l’emprunt s’est très sensiblement allégé (de 2,17% en valeur médiane à l’époque, à 1,18% aujourd’hui, toutes durées de remboursement confondues). Au-delà du seul barème tarifaire, signalons que les conditions d’accès au financement bancaire se sont aussi nettement assouplies pour compenser la hausse du prix de la pierre en zone urbaine (allongement de la durée des contrats au-delà de 25 ans, moindre exigence sur le montant de l’apport personnel).

44% des français envisagent de déménager

Dans le détail, la grande majorité des accédants sondés par Harris Interactive (sept sur dix environ) affirment avoir acquis leur logement principal entre 25 et 40 ans. Pour 41% du panel, le projet immobilier a été engagé avant la trentaine.
Autre enseignement : près de la moitié des Français interrogés (44%) signalent avoir l’intention de déménager dans les 5 prochaines années afin d’améliorer leur confort (superficie du bien) et leur cadre de vie (zone plus rurale). Un souhait qui, en toute logique, se révèle plus important au sein du public le plus jeune, « certainement encouragée par l’attractivité actuelle des taux d’emprunt immobilier » commentent les Notaires de France.

En conclusion, l’étude dégage quatre grands profils-types d’acquéreurs: 24% des sondés, assez âgés et plutôt ruraux, voient la propriété comme un aboutissement qui permet de bénéficier d’une vie meilleure. 16% l’associe à un « projet familial » qui les amène à privilégier des critères pratiques et affectifs (surface du logement, proximité des établissements scolaires ou attachement familial à une région, une ville). Enfin, 13% des personnes interrogées entrent dans la catégorie de ceux qui, jeunes, ont ou vont acheter « notamment dans l’optique de faire un investissement et de se rassurer ».