Fin des cotisations chômage : quel gain pour les emprunteurs immobiliers ?

Délestée des cotisations dues au titre du financement de l’assurance chômage, la rémunération nette perçue fin octobre par les salariés français a légèrement progressé. Un surcroît de pouvoir d’achat qu’il est possible de faire valoir dans le cadre d’une renégociation de crédit.

Depuis le mois dernier, certaines retenues salariales n’apparaissent plus sur les fiches de paie : il s’agit des cotisations chômage, reportées sur la CSG comme le furent avant elles les charges destinées aux caisses de l’assurance maladie. Ces allégements, opérés en deux temps (janvier puis octobre) ont mécaniquement fait évoluer à la hausse la part de rémunération nette perçue par les employés du secteur privé. Aussi minime soit-il -29 euros par mois au total sur un salaire de 2 000 euros bruts, 43 € sur 3 000, 72 euros sur 5 000 et 115 euros pour 8 000 – ce coup de pouce salarial représente un levier non-négligeable à actionner au moment de renégocier son crédit immobilier.

Pour les ménages concernés, l’opération consiste à faire jouer la modularité de leur emprunt, une option inscrite dans la majorité des contrats. Le principe de ce mécanisme ? Augmenter le montant des mensualités de remboursement (de 10 à 30% en général suivant les conditions fixées lors de la souscription) afin de raccourcir la durée du crédit et, par ricochet, réduire son coût global.

Réduire la durée de son prêt

D’après une évaluation réalisée par le site d’information Previssima, spécialisé dans le système de protection sociale, un ménage qui ferait le choix de réinjecter dans son crédit immobilier le gain de revenu net tiré de l’allégement de cotisations maladie et chômage*, verrait son échéance se réduire de 240 à 227 mois. Au final, l’économie potentiellement réalisable s’élève, selon les auteurs de l’étude, à près de 5% de la dette contractée (capital + intérêts).

Quel impact la fin des cotisations chômage engendre-t-elle sur la modularité de l’emprunt ? Voici un tableau récapitulatif des gains générés en fonction du niveau de revenus et des fonds débloqués par les banques.

*Cette projection est construite sur l’hypothèse d’un prêt sur 20 ans équivalent à 33% de la capacité d’endettement du sujet, et négocié à un taux de 2,4%.