Avec la baisse continue des taux d’intérêts, les banques ont concédé des décotes sur les emprunts en cours de remboursement.

Le coût du crédit, qui a atteint des records à la baisse l’an dernier, avec un dernier pointage estimé en décembre 2019 à 1,13% (toutes durées confondues) par l’Observatoire du Crédit Logement/CSA, ne suscite pas la seule vigilance des candidats à l’achat d’un bien immobilier. Ses variations sont également scrutées à la loupe par les propriétaires qui remboursent un emprunt contracté à une période où les taux étaient moins avantageux : menée de leur propre initiative ou par l’intermédiaire d’un courtier en crédit immobilier, l’opération vise, à la faveur d’un repli général des indices, à obtenir du créancier un raccourcissement de la durée de remboursement ou une réduction du montant des mensualités.  Dans le deux cas, l’objectif repose bien évidemment sur des motifs budgétaires : il consiste à soulager la charge de la dette du ménage concerné et lui permettre de réaliser des économies, parfois très substantielles lorsque le capital dû est encore important (supérieur à 70 000 euros) et que l’écart entre le tarif souscrit à l’origine et le nouvel intérêt à négocier dépasse 0,70%, voire 1%.

50 milliards d’euros de crédits renégociés

Dans le contexte actuel, les ménages ont bien cerné l’enjeu stratégique d’une telle démarche auprès des banques : après deux ans d’accalmie, le regain observé depuis six mois sur le segment de la renégociation d’un prêt immobilier est l’un des facteurs qui a alimenté les volumes exponentiels enregistrés en 2019 (250 milliards d’euros de crédits accordés pour 1,1 million de transactions dans l’ancien et quelque 100.000 achats dans le neuf, selon des projections encore à préciser).

D’après une série de données recueillies par le journal économique Les Échos, la part de ces crédits réévalués a représenté, au cours de l’année écoulée, un encours de 50 milliards d’euros, soit 10 milliards de plus qu’en 2016, époque à laquelle des performances inédites avaient pourtant été observées sur ce même type d’offres : lors de cet exercice, lui aussi stimulé par des taux d’intérêts extrêmement bas, un pic avait été atteint au cœur de l’automne (58% de crédits renégociés), chiffre battu trois mois plus tard (60% en février 2017 !). Depuis, un retour à la normale s’est opéré, le stock de produits renégociables ayant mécaniquement diminué après les deux grosses phases d’accélération intervenue au milieu de la décennie.

Les tendances qui se sont dessinées fin 2019 indiquent toutefois que le phénomène amorce, sinon en volume (20% de la production, moyenne annuelle probable), du moins en valeur (50 milliards d’euros)  un net retour à la hausse, perceptible depuis juillet (19,6%) et confirmé en août (24,6%), septembre (23,6%) et octobre (26%), indique la Banque de France.

Rappelons que l’opération, avantageuse à terme, n’est pas totalement gratuite sur le coup : si vous choisissez de renégocier un crédit auprès de votre banque d’origine, attendez à ce qu’elle vous facture des frais de dossier. Si vous changez d’établissement pour faire jouer la concurrence, votre ancien créancier est en droit de vous réclamer des frais de remboursement anticipé.