Crédit immobilier : les primo-accédants résistent

Les ménages qui souhaitent acquérir leur première résidence principale représentent encore plus du tiers des emprunteurs immobiliers, indique le réseau Meilleursagents.com.

La baisse des taux, combinée à un assouplissement des conditions d’accès au crédit sur fond de concurrence accrue entre les banques, continue à faire les affaires des acquéreurs immobiliers. Les primo-accédants, catégorie d’emprunteurs qui se lancent dans l’achat de leur premier logement, s’inscrivent mieux que les autres candidats dans ce mouvement favorable.

Des crédits à 1% sur 20 ans

D’après un état des lieux dressé par la plateforme meilleursagents.com, ces « jeunes » propriétaires représentent, au sein de son réseau national (11 000 partenaires), 32% des dossiers traités sur les huit premiers mois de l’année 2018. Une moyenne qui peut varier du simple au double, voire jusqu’au triple chez certains courtiers en crédit très souvent sollicités par cette clientèle inexpérimentée soucieuse de se faire accompagner par des experts du marché pour mener à bien son projet d’investissement et décrocher des prêts attractifs auprès des acteurs bancaires. A preuve, à la fin de l’été, Prêt Partners, courtier à Nantes, Saint- Nazaire, Savenay, Cholet, Saumur et Angers, était parvenu à négocier, sur la plupart des durées de remboursement, un taux d’intérêt immobilier très inférieur à ceux qui étaient observés à la même époque au niveau national, soit 1,09% sur vingt ans, 1,29% sur vingt-cinq et 0,80% sur quinze (voir notre dernier baromètre).

Dans un contexte général qui s’est durci en 2018 avec le recentrage du Prêt à taux zéro sur les métropoles – les zones urbaines où l’offre est la plus tendue face à la demande -, la suppression de l’APL accession dans le neuf (sauf en milieu rural) et la hausse des prix dans les grandes villes, les établissements prêteurs, encouragés par des taux de refinancement maintenus au plancher par l’institution monétaire européenne, alimentent le moteur avec des crédits ultra-compétitifs. Objectif : séduire les meilleurs profils et inciter les ménages à investir dans un projet de primo-accession.

Des prêts sur 18,5 ans en moyenne

Cette logique commerciale conduit de nombreuses banques à desserrer les conditions d’octroi de leurs prêt immobilier au point même, pour certaines d’entre-elles, de ne plus considérer le niveau de l’apport personnel comme un critère prioritaire*. Dans un article publié fin juillet, Les Echos Investir soulignait que les banques regardent désormais préférentiellement « le niveau de revenus des emprunteurs », souvent des jeunes candidats de moins de 35 ans qui perçoivent « plus de 5 000 euros mensuels à deux et se positionnent sur l’achat de leur résidence principale ».

*En contrepartie, la durée du remboursement tend à s’allonger, également pour compenser la hausse des prix sur certains marchés et la restriction des aides publiques. Les prêts accordés en juillet 2018 s’échelonnaient, selon l’Observatoire du Crédit CSA, à 222 mois en moyenne (+ 4 depuis le début de l’année, soit 18,5 ans).