Dans son baromètre actualisé début mars, soit avant la crise déclenchée par la lutte contre Covid-19, le courtier Prêt Partners affichait un taux d’1,15% sur vingt ans. Il est encore trop tôt pour mesurer les effets du contexte sanitaire et économique sur le volume de production et son impact sur l’évolution des niveaux d’intérêts au cours des prochaines semaines. Mais des mesures ont été mises en place pour soutenir les investissements.

A la fin de l’hiver, le coût de l’emprunt immobilier pour les particuliers naviguait en eaux calmes et basses :  les courbes moyennes observées à l’ échelle du pays n’avaient pas bougé depuis décembre (1,13% au dernier pointage de février, toutes durées confondues, selon l’Observatoire du Crédit Logement/CSA) et rejoignaient, peu ou prou, les indices négociés localement par Prêt Partners, courtier à Angers, Cholet, Saumur, Nantes et saint Nazaire : cinq jours avant les premières mesures de confinement décrétées par l’Etat, le meilleur taux sur 20 ans –hors assurance –  affiché dans la dernière grille de performance de l’agence ligérienne s’établissait à 1,15% à la clôture du 11 mars 2020, valeur à peu près stable par rapport à l’édition antérieure (1,09%) et conforme aux « médianes » nationales (1,08%).

Mêmes tendances sur les autres durées d’emprunt, des plus courtes (0,78% sur douze ans), aux plus longues (1,23% sur vingt-cinq ans) : ces intérêts a minima évoluaient très peu depuis le début de l’année et restaient même, pour les candidats les plus solides, dans la lignée des records absolus enregistrés au second semestre 2019 : un taux d’1,02%, jugé « excellent » par rapport aux tarifs du marché, a été négocié par Prêt Partners sur la période la plus récente,  un autre sur dix ans a atteint 0,58%,et un troisième sur 12 ans a tout juste dépassé la barre du 0,70% (voir l’infographie ci-contre).

Coronavirus : des prêts accordés plus facilement aux ménages et aux entreprises ?

Si le coût du crédit est stable, les critères qui en déterminent l’accès bougent : ces nouvelles conditions, arbitrées par les banques au moment de la négociation du prêt immobilier, résultent notamment des consignes émises en décembre dernier par le haut Conseil de stabilité Financière qui cherchait à contenir le risque de surchauffe. Conséquence : la durée des contrats raccourcit (-4 mois en moyenne par rapport à décembre 2019), et le montant de l’apport personnel réclamé aux candidats avait nettement rebondi sur les deux premiers mois de l’année 2020 (+11,1%).

Ce resserrement a plutôt joué en défaveur des catégories les moins bien dotées (les jeunes notamment ou les ménages modestes) dont la part dans la production et l’attribution de crédit « a commencé à reculer » selon l’Observatoire.  Mais il a aussi contribuer à limiter la lente remontée des taux, si bien qu’aujourd’hui, les ¾ des emprunteurs « bénéficient toujours de prêts inférieurs à 1% sur quinze ans (ce que confirment, d’ailleurs, les résultats du baromètre de Prêt Partners).

Enfin, les prêts plus longs (25 ans) sont ceux qui ont le « moins augmenté, en tarif, depuis novembre 2019.

Qu’en sera-t-il après la crise du coronavirus ? Difficile de tracer des perspectives à plus d’un mois tant l’ampleur des mesures sanitaires a provoqué un choc brutal  dans de nombreux secteurs d’activité. Dans l’immédiat, l’Etat a toutefois pris des mesures visant à réinjecter de l’argent frais (8 milliards d’euros selon Bercy) dans l’économie via le crédit professionnel et les prêts aux particuliers : les banques ont en en effet été autorisées à puiser dans leurs réserves de fonds propres (« coussin contracyclique ») pour soutenir la demande. A l’échelle de la zone euro, la banque centrale de Francfort a maintenu ses taux directeurs au plancher et a annoncé un plan de rachat d’actifs de 750 milliards d’euros.