Acheter un logement à plus de 60 ans

Le capital placé sur un plan d’épargne retraite populaire peut être débloqué sans restriction de montant si le titulaire du compte projette d’acquérir sa première résidence principale.

A moins de se faire accompagner par un courtier en crédit immobilier qui usera d’arguments solides devant les bons interlocuteurs, un sexagénaire désireux de solliciter un emprunt auprès d’une banque risque de fort de se heurter à un mur. Non pas qu’il soit impossible pour un retraité d’obtenir un financement, mais la crédibilité des garanties réclamées par les banques au moment de la signature du contrat dépend aussi de l’âge du souscripteur qui détermine sa capacité à honorer sa dette sur le long terme.

Dans ce contexte, il faut s’attendre à ce que les conditions se durcissent à mesure que l’espérance de vie raccourcit : l’assurance emprunteur, sans laquelle rien ou presque n’est possible, coute plus chère et peut même être refusée à un senior qui souffre de problèmes de santé.

Enfin, certains établissements préfèrent, informellement, fixer une limite d’âge (75 ans en moyenne, parfois 80) au-delà de laquelle ils n’accordent plus de crédits remboursables à échéances trop longues.

Comment obtenir des fonds ?

Heureusement, des alternatives existent pour les retraités qui souhaitent financer un projet immobilier : le nantissement fonctionne comme une garantie gagée sur de l’épargne (un compte à terme, assurance-vie, compte-titre etc…) ou un bien matériel (immobilier, voiture etc…). Avec cette « couverture », la banque se dote d’une marge de sécurité quant à l’exécution du contrat de crédit et peut, à ce titre, consentir une assurance emprunteur.

Autre solution : le plan d’épargne retraite populaire (Perp), un placement dont les fonds sont reversés, au moment de l’âge de départ, soit sous forme de rente viagère, soit sous forme de capital. Cette dernière formule s’applique sans restriction de montant si l’argent mobilisé sert à financer l’achat d’une résidence principale (à condition que le titulaire du Perp n’ait pas été propriétaire de son habitation au cours des 2 années qui ont précédé la liquidation du plan).

Dans une note ministérielle publiée le 23 novembre dernier au Journal Officiel, le ministère de l’Economie et des Finances précisait, en réponse à une interrogation soulevée par un sénateur, que le déblocage intégral des sommes déposées sur le Perp pour l’achat d’un premier logement n’est pas conditionné par « un plafond de ressources ». Autrement dit, chacun a la possibilité d’exercer ce droit, quel que soit le niveau de ses revenus ou la valeur de son patrimoine.